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Jean COUY (1910 / 1983)

Jean COUY, la discrétion du génie ou le génie de la discrétion.

 

Dans une époque ou le bruit fait autour des productions artistiques est souvent plus important que les œuvres elles-mêmes, Jean COUY serait sans doute un personnage étrange, voire étranger.

Jean COUY a d’abord voulu être peintre. C’était une évidence. Cette volonté était nécessaire, elle n’était pas suffisante. Il lui a fallu trouver le moyen d’y parvenir et les moyens de le demeurer. Des cours aux Beaux Arts, un professorat de dessin constituèrent les bases d’une carrière et les conditions de son indépendance.

Son sens de l’observation, la profondeur de son regard, son goût pour l’admiration des œuvres des grands peintres, cette attention continue au monde qui l’entourait, ce goût des détails, cet amour du faire, constituèrent à la fois des terreaux et des outils dont il saura se servir durant une vie consacrée à la création.

 Contrairement à d’autres artistes bruyants et passagers qui vécurent dans le Val de Besbre, Jean COUY fut discret, effacé même. Cela n’enlève rien au génie des autres, mais caractérise aussi sa production. Qui sait ainsi, qu’il a exposé dans le monde entier ? Qui sait ainsi que ses œuvres sont présentes dans de multiples collections privées et musées autour du monde ?

Contrairement aux artistes du vacarme, Jean COUY était sans doute le peintre du silence. Mais ce terme, tant de fois usité pour d’autres artistes, ne suffirait pas à définir une œuvre faite de poésie, de mystère, d’interrogations, de lumières crépusculaires, de nature apaisée, d’objets enfantins. En plus de quarante années de production, Jean COUY parviendra à créer un monde enchanté et onirique, doux mais rigoureux, échappant aux mièvreries sucrées et décadentes de maints de ses contemporains.

Attentif aux productions des autres, s’en nourrissant toujours sans jamais les imiter, il parviendra à créer un mode d’équilibre et de quiétude, d’énigme et de repos, à construire des décors dans lesquels le spectateur pourra se projeter à son gré. En créant ce monde d’une façon volontairement libre et personnelle, il offre aussi cette liberté à celui qui perçoit l’équilibre de ses constructions subtiles, à celui entend la musique de ses couleurs, qui succombe à l’harmonie de son trait.

Jean COUY sait être discret sans être fade, puissant sans être arrogant, fort sans violence, pertinent sans démonstration.

Les dessins qu’il réalisait de mémoire, parfois aquarellés, emplissaient des carnets de croquis, sortes de vadémécum de ses rêves et de son imagination. Comme on note parfois une idée sur un calepin, pour être certain de ne pas l’oublier, Jean COUY notait les images nées dans sa pensée. Ces vers graphiques aux rimes balbutiantes lui serviront à créer le poème abouti sous la forme choisie : gravure, peinture, aquarelle…

 

Il avait saisi très précocement qu’il convenait de maîtriser les techniques pour s’en affranchir. Loin de mépriser l’aspect artisanal de ses productions, il adorait d’ailleurs bricoler, il avait saisi avec beaucoup de simplicité et de pertinence ce qui différenciait l’artisanat de l’art et que la distance résidait dans le propos. Si l’objet artisanal pouvait exister en soi en se suffisant à lui-même, le discours de l’œuvre picturale ou graphique était bien d’aller au delà d’elle-même, de dire autre chose, autrement, d’être signifiante en dehors de la seule volonté de l’artiste. Il n’y avait aucune vanité dans cette remarque, aucun mépris, simplement la constatation évidente d’une différence de statut dont il conviendrait parfois de se souvenir.

Jean COUY était donc un artiste complet, abandonnant une technique quand ses forces ne le lui permettaient plus d’en user, pour mieux en maîtriser une autre.

Les gravures de Jean COUY sont caractéristiques des techniques dominées ; tout spécialement dans ses œuvres au noir, la douceur et la profondeur de ses encres, ajoutent encore aux mystères et à la magie du graphisme. De temps à autre, sur ses planches polychromes, une couleur plus franche fait vibrer les pastels avec intensité. Ses lunes rousses éclairant des pavages chimériques et des buissons énigmatiques, font penser à ces nuits incertaines ou la vie rencontre le rêve.  Il ne craindra pas, parfois, d’opposer des verts francs à des plages vermillon, d’user du jaune d’or, sans excessivité, sans agression, sans se départir de la cohérence du tout.

Sa palette évoluera au cours des périodes successives de sa création en conservant toutefois une étonnante unité. La luminosité des pastels de ses ciels, roses ou mauves, ajoutent au mystère des paysages nimbés de lumières irréelles, concentrés de subtilité et de sensibilité.

Certaines de ses œuvres confinent à l’abstraction.  Il a parfois approché cette forme d’expression (1953 / 1963) sans jamais s’y abandonner complètement, comme si son rêve se référait le plus souvent à des objets, à des végétaux… qu’à des formes non définies. Les incursions dans l’abstraction relèvent le plus souvent de l’impressionnisme autour d’une saison, d’un espace, d’une idée…

L’œuvre de Jean COUY est un monde en soit. Un monde à découvrir ou à redécouvrir !

Pierre-Henri VINAY

Directeur de la Galerie ZART 03


Jean COUY - Principales expositions:

Salon des indépendants jusqu'en 1940

Salon d'automne (sociétaire en 1946) jusqu'en 1960

Salon Comparaisons jusqu'en 1965

Salon de Mai (peintures – gravures) 1954 – 1960

Salon des Réalités Nouvelles (depuis 1958

Jeune gravure contemporaine depuis 1950

1946 - Galerie Beaux Arts, Rennes

1950 - Galerie Breteau, Paris

1956 - Galerie Le Cercle, Paris

1957 - Galerie Le Cercle, Paris

         - « L'Atelier du peintre » avec Picasso, Maroussais, Tal Coat, Gisschia, Brancusi

          ( Galerie Le Cercle, Paris)

        - Exposition de Centenaire, Alençon

1958 - Sélection de Comparaisons, Mexico-Bruxelles

        - Gravures et gouaches, Fantasy Gallery, Washington

1959 - Peintures françaises, Caracas

    • Peintures, Galerie Synthèse, Paris

    • Biennale de Turin

    • Gravures, Galerie Landwerlin, Strasbourg

    • « Les contemporains », Charleville et Reims

    • Exposition « Synthèse », Musée de Nantes

    • Salon de Mai, Kimsthauss, Zürich

    • Galerie Badan, Genève

    • Sélection pour le Prix Marzotto, Valdagno, Paris, Münich

    • Ecole de Paris, Tokyo, Kyoto

    • Gouaches et Pastels, Galerie Bridel, Lausanne

1961 - Biennale de Turin

    • Biennale de Sao Paulo

    • Salon de Mai, Paris

    • Exposition, Musée Cantini, Marseille

1962 - Gouaches-Gravures, Galerie de Noticias, Lisbonne

    • Ecole de Paris, Galerie Charpentier

    • Galerie Munot, Schauffhansen Shaffousse, Suisse

    • Art Actuel, Palais des Arts, Toulouse

1964 – Exposition, Galerie Synthèse, Paris

    • Trois siècles de tapisseries françaises, 1664/1964, Beauvais

1965 - Biennale internationale (gravures), Ljubljana

1966 - Biennale internationale (gravures), Tokyo

1967 - Groupe « La Terre », Cimaise Bonaparte, Paris

    • Petits formats, Cimaise Bonaparte, Paris

    • Maison de la Culture, Grenoble

1969 - Musée du Havre

    • Aquarelles - gravures, Galerie Bongers, Paris

1971 - Aquarelle, Galerie Bongers, Paris

1972 - Exposition Galerie At Home, Toulouse

1975 – Galerie Soleil, Georges Bongers

    • Galerie Le Soleil dans la tête

    • Groupe « 30 créateurs d'aujourd'hui », Jardin des Arts

1976 - Salons de Montrouge et de Levallois-Perret.

 

ACHATS PAR LES PARTICULIERS ET LES MUSEES

  • Musée National et Municipal d'Art Moderne, Paris

  • Collections de l'état et de la Ville de Paris

  • Maison Franco-japonaise, Tokyo

  • Musée de Djakarta

  • Gravures à la Chalcographie du Louvre

  • Tapisseries aux Gobelins (1963/1964)

  • Oeuvres dans de nombreuses collections particulières à Paris, Tokyo, Washington,Turin,Rome, Oran, Lausanne, Lucerne, Bruxelles, Toulouse



 







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